Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 19:22

Déclaration liminaire
 

Monsieur le Président,

D’année en année, à l’occasion de chaque CT Budget emplois, la CFDT Finances publiques ne cesse de dénoncer les conséquences néfastes de milliers de suppressions d’emplois. Et pourtant la pression sur les personnels continue désespérément d’augmenter. Le réseau se transforme de plus en plus en une véritable cocotte minute, qui menace d’exploser.

Les OS sont là aujourd’hui pour tirer la sonnette d’alarme avant que les dégâts qui, pour l’instant sont restés contenus, prennent des proportions incontrôlables. L’actualité récente peut en témoigner dans d’autres secteurs.

Alors que les agents affirment de plus en plus leur souffrance au travail, que les accueils débordent, que les usagers affluent dans nos services, une fois encore la DGFIP paie un lourd tribut aux mesures de restrictions budgétaires : ce sont encore 1988 emplois qui vont disparaître. En onze ans, on approche de la barre des trente mille emplois supprimés. Qui peut prétendre aujourd’hui que les services peuvent absorber cette nouvelle baisse des moyens ? Les ministres et le directeur général, peut-être, les personnels et la CFDT Finances publiques certainement pas.

Les gouvernements changent, la même logique perdure : les économies budgétaires se font sur le dos des fonctionnaires. Salaires gelés, emplois supprimés, frais de déplacements inchangés depuis 2006, toute économie est bonne à saisir, tant que le fonctionnaire paie de manière directe ou indirecte. Partout, sur le terrain, le même sentiment s’exprime à la DGFIP : on n’en peut plus. Au regard des chiffres et des faits, qui comme chacun le sait, sont têtus, ce ne sont pas les incantations affirmant : « Que la DGFIP est au cœur de la République » et « Que notre réseau n’est pas un coût mais un atout » qui vont rassurer les personnels, et leurs représentants.

Le plan d’action de la démarche stratégique, qui sera publié fin décembre, achèvera de nous convaincre. Nous sommes bien au cœur des préoccupations de nos dirigeants, mais pas dans le bon sens. En effet, il s’agit d’abord et surtout de supprimer des emplois et des crédits à notre administration, pour doter d’autres ministères, qui, eux, sont clairement désignés comme « prioritaires ».

Entrons dans le détail des suppressions d’emplois : il est affirmé aux représentants du personnel que celles-ci progressent moins vite. Mais pas besoin d’être un mathématicien émérite pour savoir qu’une régression ou un freinage dans une progression, c’est toujours une progression.

On ne se laissera pas non plus prendre au tour de passe-passe mathématique de la présentation des chiffres : l’évolution des suppressions ne peut se mesurer qu’en valeur absolue, et en comparaison d’une année sur l’autre. Ensuite, en calculant des pourcentages sur des pourcentages, on arrive à faire dire à peu près tout ce que l’on veut aux chiffres. Au final, sauf erreur, et contrairement à votre présentation, les suppressions d’emplois à la DGFIP s’élèvent en 2013, comme en 2012, à 1,74 % des ETPT. Il n’y a donc aucune amélioration.

Conséquence, ces nouvelles suppressions d’emplois vont avoir un effet direct sur la dégradation des conditions de travail nos collègues. Celles-ci devenues invivables dans les services. D’ailleurs, lors des Etats Généraux du 4 décembre, l’expression massive de tous les militants, quelque soit la région ou l’OS, a été unanime sur ce sujet. On a donc maintenant dans notre administration tous les ingrédients d’un mélange explosif. Le nombre d’arrêts maladie et des tentatives de suicide en atteste, mais aussi la résurgence de frictions entre filières. Nous avons de nombreuses remontées du terrain, qui attestent que la situation est sous tension, et la fusion pas terminée dans les esprits.

De plus, l’avenir n’est pas rassurant. En parlant trivialement, « on va nous en rajouter plusieurs couches » en même temps. Une nouvelle période de réformes lourdes s’ouvre, avec la mise en œuvre de la démarche stratégique et de son plan triennal de restructuration.

Il y aussi l’annonce de la mise en oeuvre de l’intercommunalité, donc de regroupements massifs de communes. Dans le même sens, le nombre de cantons va être divisé par deux. A la DGFIP, spécialisation des postes, poursuite de l’industrialisation, numérisation, sont des priorités affichées. Il y aura deux impacts successifs sur le réseau. L’un sera immédiat, sur les postes qui subissent les regroupements par manque d’agents, du fait des transferts de charges sans les moyens correspondants en termes de personnels. Puis, à terme, il y aura un second impact, au travers de la disparition « programmée » des plus petites structures, surtout après les élections municipales de 2014.

Pour croiser ce sujet avec les conditions de travail de nos collègues, la CFDT Finances publiques fait une observation : quand les personnels doivent mettre en œuvre une nouvelle procédure, il y a nécessairement une période de transition et d’adaptation. Le constat, assez systématique, est que les moyens qui devraient être alloués à ce titre ne le sont pas, ou pas suffisamment, en termes de formation, d’équipements, etc.

Car, on fait comme si on anticipait les résultats de la nouvelle procédure avant même qu’elle n’ait eu le temps d’atteindre sa vitesse de croisière. Qui alors font les efforts d’ajustement ? Evidemment les agents, encore et encore… Car la logique est toujours la même, dans l’esprit de nos dirigeants. Malgré toutes les grandes déclarations, les fonctionnaires sont la seule vraie variable d’ajustement.

La CFDT Finances publiques ose l’affirmer : cette situation présente un danger grave et imminent. D’ailleurs, et d’ores et déjà des agents travaillant en première ligne, dans les accueils, ont fait valoir leur droit de retrait. Pourquoi ? Parce qu’ils en sont arrivés à exercer leur mission dans des conditions insupportables.

Depuis le temps qu’on attaque l’os, on sent bien que nos dirigeants ne vont pas tarder à nous dire, comme ils l’ont fait pour d’autres missions, qu’il va falloir procéder à l’amputation du bras lui-même. Cela n’empêchera pas la DGFIP de marcher, mais, pour paraphraser le regretté Bourvil, « elle marchera beaucoup moins bien », à notre sens.

Ils affirment qu’il faudra trouver 15 milliards par an jusqu’en 2016. Comme seule solution, nos ministres ont d’ores et déjà affirmé qu’ils n’ont qu’une seule voie : la réduction de la dépense publique. C’est un véritable dogme idéologique.

Alors, rien d’étonnant à ce que l’on nous ressorte aujourd’hui du chapeau du magicien, datant du milieu des années 2000, le prélèvement à la source. Pour nos technocrates, ce dispositif va résoudre tous les problèmes. On est toujours, invariablement dans une analyse quantitative. Et puis, surtout, on voit bien que cette Nème réforme tomberait à pic, pour supprimer encore quelques dizaines de milliers d’emplois à la DGFIP.

Dans tout cela, exit le service public, exit les usagers, exit les agents. La CFDT Finances publiques s’oppose donc fondamentalement à cette logique d’austérité, j’allais dire à cette logique d’absurdité.

Partager cet article

Repost 0
Published by CFDT Finances Publiques du Finistère - 29 - - dans Comités Techniques
commenter cet article

commentaires

Au sommaire du blog

1 Actualités 1 CAP Locales 1 CAP Nationales 1 Pratiques
1 Ailleurs en France 1 CHS 1 Document Unique 1 Vu dans la presse
1 Ailleurs dans le monde 1 CDAS 1 Infos Sociales 1 Vu dans les Jo
1 Calendrier 1 Carrières 1 Informations légales 1 Vidéos
1-Retour-Accueil.png CTP    

Rechercher

Plus, plus et encore plus !

Plus Elus CFDT en CAPC

Plus Décret CHS

Plus Guide Acmo

Plus Simulateur pensions

Plus Droits et démarches

Plus Les responsables CFDT

Plus Mentions légales

Archives

Nos vidéos CFDT

Les vidéos de la CFDT à regarder de
chez vous, une fois libre des contraintes
de l'intranet DGFIP

Nos liens sur le web...

Lien CFDT Confédération (2)

Lien CFDT Fédération Fiannces(2)-copie-1

Lien CFDT Fiannce Publiquess(2)

Lien CFDT Fonctionnaires 2

Lien CFDT Cadres

Vive l'impot

button.png